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J.S. BACH: intégrale de l'oeuvre pour orgue, Marie Claire ALAIN  (15 CD).

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Rééditée à prix plus raisonnable, cette intégrale, la 2° de cette grande interprête, nous revient enfin.
Le plus grand et le plus prolifique compositeur pour cet incroyable instrument, hélas trop voué à la marginalisation de par sa taille, nous livre ici certaines de ses pièces qui lui tenaient le plus à coeur.
Le Cantor de Leipzig, dont l'immense production de musique religieuse fit et fait toujours sa réputation, affectionnait beaucoup cet instrument, dont il fut le virtuose incontesté en son temps. Ainsi, il composa un nombre considérable d'opus pour l'orgue, dont une grande partie fut consacrée à l'église, comme par exemple les petites pièces
nommées chorals, généralement incluses aux cantates.
Ce sont peut-être les Préludes et Fugues, les pièces les plus connues aujourd'hui, qui recèlent la plus grande expression de son génie, même si les sonates en trio et les concertos ne sont pas en reste. Trio, concerto, des dénominations qui nous rappellent combien l'orgue est un des rares intruments qui se joue des quatre membres...

Marie Claire Alain nous livre ici sa seconde intégrale enregistrée entre 1978 et 1980 par Erato, aujourd'hui cédé par D T du Plantier à Warner, et dont on n'oubliera jamais les remarquables et regrettées prises de son ... Ce qui est ici encore le cas : si vous disposez d'un bon système de reproduction, la vitrine du salon entrera en résonance et
vous décollerez du fauteuil, alors que la pédale de certaines orgues risque de signer l'arrêt de mort des haut-parleurs les plus déficients dans les tutti/forte ...

L'interprétation de MC Alain est toute en harmonie, elle exploite parfaitement toutes les couleurs de cet instrument qu'elle connaît si bien et auquel elle a tant consacré.
Certains préfèreront des interprétations plus vives, voire plus musclées - et même plus masculines (Walcha, Isoir, Koopman, Chapuis ...), même si le rythme, la puissance, la vivacité de la musique de Bach sont aussi présents ici, à "pleins tuyaux" si nécessaire. Mais plus que la virtuosité pure, c'est le charme et la beauté qui caractérise le plus cette interprétation où l'emportent le son, l'atmosphère et les couleurs sur la démonstration stérile.

Marie Claire Alain sait captiver l'auditeur sans jamais le lasser, le gigantesque instrument, dompté, chante sous ses doigts et sous ses pieds, depuis le son aigrelet du simple flageolet à celui du tonnerre du tuyau de 500 mm, en passant par celui du cromorne, nasillard et tellement enjoué ...

Souvenir personnel inoubliable: concert par cette artiste au cours des années 70 aux grandes orgues du cloître St Salvy à Albi, où ce soin de la couleur, de la beauté du son et des sensations physiques que permet l'instrument s'exprimait déjà pleinement...

JCP

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