01 octobre 2011

Concert OCT 28 sept 2011

Concert "à la criée" de l'orchestre de chambre de Toulouse, mardi 28 sept 2011 au Phare à Tournefeuille.

Depuis quelques années déjà, la saison de l'O.C.T. s'ouvre sur un "concert à la criée", concept d'origine allemande dit-on. Le principe en est le choix du programme selon l'intensité des vociférations du public à l'annonce des oeuvres. La chose est assez ludique et le public se prend au jeu dans un vacarme des plus joyeux.

En voici le programme, pardon, le menu !

Les oeuvres choisies par le public sont cochées, la surprise du chef fut le vol du bourdon de Khatchaturian, suivi du final de la simple symphony de Britten.

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Une excellente soirée musicale avec un orchestre parvenu à un niveau remarquable (malgré un second violon remplacé ce soir là - mordu à la main par son chien, sale bête).

Pourtant, on demeure un peu sur sa faim (c'est le cas...), n'ayant pas le même appétit pour tous les plats présentés - surtout pour ceux que l'on n'a pas demandés. En outre, le concert étant entrecoupé (trop) par la criée (c'est le principe), la musique n'y gagne pas vraiment, la concentration ne se faisant pas aussi bien qu'à l'ordinaire...

Une soirée différente, une sorte de jeu musical, déjà pratiqué outre-Rhin, et qui trouve chez nous un écho favorable, belle façon d'ouvrir la saison en définitive, les plats de résistance sont à venir, au cours d'un programme de 10 concerts - prochain le 18 octobre au Phare, pour ne citer que ce lieu !

Le prix modéré (10 € plein tarif) de ces concerts, outre le fait qu'il représente une aubaine pour les Toulousains, a fait progresser notablement le public de l'O.C.T. qui vient de dépasser les 1500 abonnés, nombre jamais atteint ! Remercions la municipalité pour un investissement culturel qui semble porter ses fruits.

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08 janvier 2011

Le lecteur de CD Marantz CD5004

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Le lecteur de CD Marantz CD 5004

Faisant suite au très remarquable Mission PCM 7000 (haut de gamme de 1986), le petit lecteur très bas de gamme Philips du début des années 90 ne faisait pas le poids – pourtant il se battit vaillamment, malgré son côté un peu raide, sa sècheresse et son grave tronqué, qui lui offraient ainsi une définition très acceptable, à défaut d'une véracité de timbres sans reproche.

Il était temps d’opérer le remplacement par un lecteur digne du préampli SRPP de doubles triodes ECC82 et de l'ampli classe A de 8 pentodes EL84 de fabrication personnelle, c’est chose faite avec le Marantz CD5004, bas de gamme qui ne craindrait pas de se mesurer aux grands – selon les dires de la revue Diapason, qui lui accorda un « Diapason d’or » en 2010, distinction faisant autorité dans notre pays.

Intégrer une source bas de gamme à une chaîne plutôt audiophile, propulsée par une amplification à tubes et des enceintes JBL L26 des années 70 refaites et améliorées plusieurs fois (tweeters à dôme Audax, 25 cm. aimant Alnico remembranés 2 fois et filtre refait), mais écoutée en majorité sur l’excellent casque Sennheiser HD650 (« Diapason d’or » également) n’allait pas de soi, pire, le risque de déception était patent, et c’est fébrile comme en « 14 » que les connexions furent exécutées.

Dès les premières notes, pas de déception notable (il en est toujours ainsi avec un nouvel élément), et voici au terme d’une quarantaine d’heures d’écoute ce qui en ressort (selon ma propre perception bien entendu, et au casque précité – mon meilleur maillon):

- Aigu sans agressivité au casque (un peu d’agressivité, mais très supportable aux enceintes, qui ne sauraient atteindre le naturel et l’ampleur du casque). Le violon passe remarquablement bien au casque (Szerying-Marriner Philips). Aigus du piano (N° 20 Brendel-Marriner Philips) très bons. Cymbales et percussions de même (Marley Kaya, Kind of Blue, Back to Back Ellington).

- Médium excellent, les voix passent très bien, charnues et présentes (Vivaldi Orlando Furioso Spinosi Decca, Marley Kaya, Winterreise Schubert Dieskau)

- Grave profond donnant du corps à l’ensemble, que l’on aurait cependant préféré plus vif et plus défini – on ne peut tout avoir à ce prix là, mais il est très naturel – duos de contrebasses Bottesini).

- Prolongation des notes très audibles sur le piano ou les cordes (étonnant pour un lecteur de ce prix)

- Surprenante vivacité aigu, médium et bas médium.

- Timbres d’une grande véracité, certains sont à se dresser sur son fauteuil (voix Orlando Vivaldi, tutti orchestre et attaques instruments solo Telemann Concertos Goebbels Archiv) !

- Absence totale de bruit de fond et de fatigue auditive, ce dernier fait n’ayant jamais été constaté personnellement à ce point auparavant.

- L'écoute directe au casque par la prise frontale prévue (volume réglable) n'atteint pas l'ampleur ni le naturel que délivre le préampli SRPP, mais peut cependant dépanner - une bonne chose.

- Conclusion : il y a sans doute mieux, au dessus de mille euros mais – est-ce certain ? Cependant, il serait intéressant de comparer avec celui-ci toute la gamme des lecteurs Marantz (SA7S1, SA1152, SA15S2, SA6002, SA6003, SA15S1, SA7003SG, SA8003 etc...) ... pour ma part, je conserve donc mon CD5004 tout neuf, d’autant qu’il n’est pas sinécure de le trouver présenté autrement que passé au goudron (sans plumes SVP), selon la mode actuelle – qui semble avoir la vie dure : « Black is beautiful – are you sure ? ».

- Sans incidence sur le son: afficheur à lettres "pour jeunes" totalement illisible à plus d'un mètre - selon la tendance actuelle généralisée en matériel audio et vidéo.

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JCP

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27 février 2010

Branle-bas de combat !

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Reprise de l'ensemble préampli à tubes "SRPP / ECC82" (en service depuis  le 3 juin 1997), et ampli à tubes "Quatuor classe A / EL84" (en service depuis le 17 juillet 1999).

Au programme, interventions sur l'ensemble comprenant:

- les alimentations du chauffage des filaments ampli et préampli (12,6 Volts 2,5 Ampères et 12,6 Volts 5 Ampères stabilisée)
- L'alimentation haute tension ampli (300 Volts continu régulée)

(Les "travaux" consistent en une simple adjonction d'un interrupteur secteur supplémentaire afin de dissocier ampli et préampli, et le réglage des temporisations d'activation des hautes tensions, malgré leur légère dérive - env. 30 secondes en 10 ans)

... Ceci dans le but de réhabiliter l'écoute sur enceintes acoustiques, et dans une seconde étape, aborder la rénovation de l'alimentation SRD7 du casque électrostatique Stax SRX.

Ceci n'aurait pas été possible sans l'aimable collaboration de Gérard C., qui a su trouver LA solution de remplacement de la diode Zener "Z 1082" claquée, hélas introuvable - et surtout fournir gracieusement l'ensemble équivalent de diodes, déjà pré-assemblé: Un grand merci !

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Étagère du haut, au centre: un récepteur FM Grundig de 1952 rénové, couplé à un amplificateur stéréo: un must pour l'époque !

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Article suivant: la rénovation de l'alimentation SRD7 du casque STAX SRX... à suivre.

Y aurait qu'à écrire des vers là-dessus....:

http://chansongrise.over-blog.com/article-a-zener-45502931.html
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JCP

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20 décembre 2009

SDF

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SDF

 

 Mon père prononçait haut et fort des mots comme : « solidarité », « répartir le travail et les richesses », « vaincre le capitalisme », « dictature du patronat », « religions assassines », et se défiait même de l’amour, qu’il qualifiait de « dangereuse escroquerie » ; il faut dire que cela m’amusait beaucoup de le voir ainsi gesticuler et vociférer sur des mots qui étaient alors vides de sens pour moi.

Ainsi, nous avions fini par nous fâcher, juste avant sa mort, car il déclarait tout haut que je ne devrais pas épouser ma Sabrina à moi, ma joie de vivre, mon amour, mon bonheur, ma force...

Alors, stimulé par ce que je pris pour l’Amour, dans cet irrésistible élan de vigueur qui repousse les montagnes, je voulus parer ma reine des plus beaux atours, travaillant comme quatre, sans relâche, le jour, la nuit, ignorant que je plongeais par là d’autres travailleurs dans la misère.

Et sous le soleil qui ne brillait que pour moi s’étalait, durement acquis, tout le luxe qui faisait la beauté de ma Sabrina: vêtement, bijou, auto, tentures et soieries, rien n’était trop beau pour celle qui faisait, aux yeux de tous, ma joie et ma fierté.

Pourtant, un triste jour d’octobre, elle me quitta pour toujours, et mon employeur fut désolé de me remplacer par un plus productif que moi - je fus stupéfait qu’il en pût exister...

Et me voici, grelottant sous la neige dans ce vieux manteau que m’a donné la pharmacienne, qui me reconnaît encore, adossé au froid béton du parking, un pot de yaourt vide à la main, où tintent quatre pauvres pièces de monnaie. Je n’ai plus pour amis que ceux qui veulent de moi, quand ils ne me rossent pas pour me prendre mes vêtements...

Et, tout au long de mes interminables nuits de songeries, ravagé du manque d’hygiène, du froid et de la faim, je ne me dis plus désormais que le France est un beau pays – et je finis par croire que mon père avait raison !

JCP

 

 

"Je veux, si je suis élu président de la république, que d'ici à deux ans, plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid. Parce que le droit à l'hébergement, je vais vous le dire, c'est une obligation humaine. Mes chers amis, comprenez-le bien : si on n'est plus choqués quand quelqu'un n'a pas de toit lorsqu'il fait froid et qu'il est obligé de dormir dehors, c'est tout l'équilibre de la société où vous voulez que vos enfants vivent en paix qui s'en trouvera remis en cause."

 

Qui vous savez, le 18 12 06


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28 mars 2009

Die Schöne Müllerin, les paroles

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FRANZ SCHUBERT : Die Schöne Müllerin  (D795)

Cycle de 20 lieder d’après les poèmes de Wilhelm Müller.

Trad. : Catherine Godin, 1985

1 – Voyager (Das Wandern)

Voyager fait la joie du meunier,

Voyager !

Ce doit être un piètre meunier,

Celui à qui ne vint jamais l’idée de voyager,

Voyager.

C’est l’eau qui nous l’a appris,

L’eau !

Ni le jour ni la nuit elle ne se repose,

Elle ne pense qu’à courir,

L’eau.

Les roues aussi nous l’apprennent,

Les roues !

Jamais elles ne restent immobiles,

Inlassablement elles tournent,

Les roues.

Les pierres elles-mêmes, si lourdes soient-elles,

Les pierres !

Dansent une ronde joyeuse,

Et toujours veulent être plus rapides,

Les pierres.

Oh, voyager, voyager, voilà mon plaisir,

Oh, voyager !

Mon Maître et ma Maîtresse,

Laissez-moi partir en paix et

Voyager.

2 – Vers où ? (Wohin ?)

J’entends murmurer un petit ruisseau,

De la source du rocher

Il jaillit vers la vallée,

Si frais et si limpide.

Je ne sais quelle idée me vint,

Ne sais qui me conseilla,

Il me fallut aussitôt le suivre

Avec mon bâton de voyageur.

Toujours plus bas, toujours plus loin,

Toujours au gré du ruisseau,

Et toujours plus frais,

Toujours plus clair bruissait le ruisseau.

Est-ce donc là ma route ?

Ô ruisseau, parle donc, vers où ?

De ton bruissement

Tu as égaré mes sens.

Que dis-je, ton bruissement ?

Ce ne peut être un bruissement :

Ce ne peut être que des Ondines,

Dansant leur ronde au fond de l’eau.

Laisse les chanter, compagnon laisse-les murmurer,

Et poursuis gaîment ta route.

Des roues de moulin,

Il en tourne dans tous les ruisseaux limpides.

3 – Halte ! (Halt !)

Je vois étinceler un moulin

Parmi les aulnes ;

Le clapotis d’une roue

Interrompt bruissement et chant d’eau.

Sois le bienvenu, sois le bienvenu,

Doux chant du moulin !

Et la maison, comme elle est paisible !

Et la fenêtre, si étincelante !

Et le soleil radieux

Comme il brille au firmament !

Eh bien, petit ruisseau, cher petit ruisseau,

Le voulais-tu ainsi ?

4 – Remerciements au ruisseau (Danksagung an den Bach)

Le voulais-tu ainsi,

Ruisseau, mon ami bruissant ?

Ton chant, ta musique,

Les voulais-tu ainsi ?

Allons voir la meunière !

Tel est le sens de ton chant,

Eh bien, l’ai-je compris ?

Allons voir la meunière !

T’a-t-elle envoyé ?

Ou bien m’as-tu charmé ?

J’aimerais bien savoir

Si c’est elle qui t’envoie.

Mai quoi qu’il en soit,

Je me rends à cet appel,

Ce que je cherchais, je l’ai trouvé

Quoi qu’il en soit.

J’ai demandé du travail,

Maintenant il me suffit

A occuper mes bras, à occuper mon cœur

Assez, grandement assez.

5 – A la veillée (Am Feierabend)

Que n’ai-je mille

Bras à mouvoir !

Que ne puis-je avec bruit

Faire tourner les roues !

Que ne puis-je, tel le vent,

Souffler à travers les bosquets

Pour mettre ainsi

Toutes les pierres en mouvement,

Ainsi que la belle meunière

Remarque encore mon cœur fidèle !

Ah, que mon bras est faible !

Ce que je soulève, ce que je porte,

Ce que je coupe, ce que je bats,

Tout apprenti pourrait le faire.

Et me voilà assis parmi tous,

A l’heure calme et paisible du repos

Et le maître nous dit à tous :

« Votre travail m’a satisfait »

Et la chère jeune fille souhaite

A tous une bonne nuit.

6 – Le Curieux (der Neugierige)

Je n’interroge aucune fleur,

Je n’interroge aucune étoile.

Aucune ne peut me dire

Ce que j’aurais tellement voulu apprendre.

Car je ne suis pas jardinier,

Les étoiles sont bien trop lointaines ;

Je demanderai à mon petit ruisseau

Si mon cœur ne m’a pas trompé.

Ô ruisseau de mon amour,

Comme tu es silencieux aujourd’hui !

Je ne veux savoir qu’un mot,

Un mot ou deux, c’est tout.

« Oui » est l’un de ces mots,

L’autre est « non » !

Ces deux mots incluent en moi

Tout l’univers.

Ô ruisseau de mon amour,

Comme tu es étrange !

Je ne le répèterai pas,

Dis-moi, petit ruisseau, m’aime t’elle ?

7 – Impatience (Ungeduld)

J’aimerais tailler dans chaque écorce,

J’aimerais graver dans chaque caillou,

J’aimerais semer dans la terre fraîche

Les graines de cresson qui vite trahiront,

J’aimerais écrire sur une feuille blanche :

Mon cœur est à toi et à jamais le restera.

J’aimerais élever un jeune étourneau

Jusqu’à ce qu’il les dise, ces mots, avec pureté et clarté,

Jusqu’à ce qu’il les dise avec le son de ma voix,

Et toute la passion qui habite mon cœur ;

Alors il chanterait clairement devant ses fenêtres :

Mon cœur est à toi et à jamais le restera.

Je pensais que mes yeux le trahissaient,

Que sur mes joues l’on pouvait voir luire,

Que sur mes lèvres on pouvait lire,

Qu’à mon souffle on pouvait deviner ;

Mais elle n’a rien vu de toute cette ardeur inquiète :

Mon cœur est à toi et à jamais le restera !

8 – Salut matinal (Morgengruß)

Bonjour, belle meunière !

Pourquoi caches-tu ainsi ta jolie tête,

Comme s’il t’était advenu quelque chose ?

Mon salut te fâche t’il donc tant ?

Est-ce mon regard qui te trouble ainsi ?

Il me faudra donc repartir.

Oh, laisse-moi dont me tenir à distance

Et regarder ta chère fenêtre

De loin, oh, de si loin !

Apparaissez sous votre portail arrondi,

Étoiles bleutées du matin !

Petits yeux ombrés de sommeil,

Petites fleurs lourdes de rosée,

Pourquoi vous effaroucher du soleil ?

La nuit vous fut-elle si douce

Que vous vous fermiez, vous inclinez et vous pleuriez

Ses charmes tranquilles ?

Chassez maintenant les fleurs de vos rêves

Et levez-vous, frais et dispos,

Dans le matin clair du créateur.

L’alouette lance ses trilles dans l’air

Et, des profondeurs du cœur, l’amour fait jaillir

La peine et les tourments.

9 – Les Fleurs du Meunier (Des Müllers Blümen)

Au bord du ruisseau poussent maintes petites fleurs

Aux yeux bleus et limpides ;

Le ruisseau est l’ami du meunier,

Les yeux de ma bien-aimée ont un éclat bleu clair,

Voici pourquoi ce sont mes fleurs.

Tout près de sa fenêtre justement

Je veux planter mes fleurs :

Vous l’appelleriez alors, quand tout se tait,

Lorsque sa tête s’incline dans le sommeil,

Vous savez bien ce que je veux dire.

Et lorsqu’elle fermera les yeux,

Dormant d’un sommeil doux, si doux,

Vous lui direz tout bas, comme dans un rêve :

Ne m’oublie pas, ne m’oublie pas,

Vous savez bien ce que je veux dire...

Sitôt qu’elle ouvre les volets le matin,

Regardez-la amoureusement.

La rosée dans vos yeux

Sera les larmes

Que je pleurerai sur vous.

10 – Pluie de Larmes (Tränenregen)

Nous étions assis paisiblement

Sous l’ombre fraîche des aulnes,

Nous regardions tranquillement

Le ruisseau bruissant à nos pieds.

La lune s’était levée

Et, après elle, les étoiles,

Qui se reflétaient paisiblement

Dans le miroir d’argent.

Je ne voulais pas voir la lune,

Je ne voulais pas voir les étoiles,

Je ne voyais que son image,

Je ne voyais que ses yeux.

Je la voyais incliner la tête et regarder,

Par delà le ruisseau placide,

Les petites fleurs de la rive, les petites fleurs bleues

Inclinaient elles aussi la tête et la suivaient du regard.

Le ciel tout entier semblait

Sombrer dans le ruisseau,

Voulait m’entraîner avec lui

Dans les profondeurs de l’eau.

Et par-dessus les nuages et les étoiles,

Le ruisseau murmurait gaîment

Et appelait de ses chants :

Suis-moi, compagnon !

Alors mes yeux s’embuèrent,

Le miroir de l’eau se troubla.

Elle dit : « il va pleuvoir,

Adieu, je rentre chez moi ».

11 – A moi... (Mein !)

Ruisseau, que cesse ton murmure,

Roues, que cesse votre battement,

Et vous joyeux oiseaux des forêts,

Petits et grands,

Que cessent vos chants !

A travers le bocage

Qu’incessamment

Une seule phrase résonne :

Ma meunière bien-aimée est à moi !

A moi...

Printemps, sont-ce là toutes tes fleurs ?

Soleil, n’as-tu pas de rayons plus clairs ?

Hélas ! Il me faut donc rester seul

Avec mon bienheureux secret,

Incompris de toute la création !

12 Pause (Pause)

J’ai pendu mon luth au mur,

Je lui ai noué un ruban vert,

Je ne peux plus chanter, mon cœur est trop plein,

Je ne sais plus comment le chanter dans mes rimes.

La douleur la plus brûlante de la nostalgie,

Je savais l’exprimer en chansons joyeuses

Mai lorsque j’exprimais des plaintes si douces,

Je n’oubliais pas que ma peine était grande.

Ah, comme il est lourd le fardeau de mon bonheur,

Si lourd qu’aucun chant sur terre ne saurait l’exprimer.

Maintenant, cher luth, reste pendu au mur,

Mais qu’une brise éveille tes cordes,

Qu’une abeille t’effleure de ses ailes

Et l’angoisse me ressaisit et je frissonne.

Pourquoi ai-je si longtemps laissé pendre ce ruban ?

Souvent il effleure tes cordes qui soupirent.

Est-ce l’écho de mes peines d’amour ?

Serait-ce là le prélude à de nouveaux chants ?

13 – Avec le Ruban Vert du Luth (Mit dem Grünen Lautenbande)

« Dommage pour le beau ruban vert

Qui pâlit au mur,

J’aime tant le vert ! »

Ainsi me parlas-tu aujourd’hui, ma bien-aimée !

Aussi vais-je le dénouer et te l’envoyer :

Maintenant aime le vert !

Et aussi quand bien même le blanc aurait ta préférence,

Le vert aurait aussi son prix

Et je l’aime, moi aussi.

Parce que notre amour restera toujours vert,

Parce que l’espérance au loin fleurit en vert,

Nous l’aimons tous les deux.

Et noue maintenant dans tes boucles,

Élégamment, le ruban vert,

Alors je saurai où habite l’espérance,

Alors je saurai où règne l’amour,

Alors j’aimerai vraiment le vert.

14 – Le Chasseur (Der Jäger)

Que cherche donc le chasseur auprès du moulin ?

Reste dans ton domaine, chasseur insolent !

Ici il n’est pas de gibier pour toi.

Ici n’habite qu’un chevreuil bien doux pour moi,

Et si tu veux voir ce tendre chevreuil,

Laisse tes fusils dans les bois

Et laisse aussi tes chiens et leurs jappements chez toi

Et fais taire la sonnerie de ton cor

Et rase à ton menton cette barbe en broussailles,

Sinon tu effaroucherais certainement la biche du jardin.

Mais tu ferais mieux encore de rester dans le bois

Et laisser en paix moulin et meunier.

Que feraient des poissons dans un feuillage vert ?

Que ferait l’écureuil dans l’étang bleuté ?

Alors reste donc dans les bois, chasseur insolent !

Et laisse-moi seul avec mes trois roues ;

Et si tu veux plaire à ma belle,

Sache alors ce qui assombrit mon cœur :

Les sangliers qui viennent la nuit de la forêt

Et pénètrent dans son jardin potager

Et piétinent et saccagent tout dans le champ :

Tue les donc ces sangliers, vaillant chasseur !

15 – Jalousie et Fierté (Eifersucht und Stolz)

Où cours-tu si vite, tumultueux et sauvage, mon cher ruisseau ?

Poursuis-tu avec fureur le chasseur insolent ?

Reviens, reviens, et gronde d’abord la meunière

Pour sa légèreté, son insouciance et son inconstance.

Ne l’as-tu pas vue hier soir, sur le seuil,

Le cou tendu, regarder vers la grand route ?

Lorsque rentre le chasseur heureux de sa chasse,

Nulle enfant sage n’est à sa fenêtre.

Va, petit ruisseau, va et dis-le lui ; mais ne lui dis pas,

Non, entends-tu, pas un mot de ma tristesse.

Dis-lui : près de moi il taille un pipeau dans un roseau

Et joue de belles danses et des chants pour les enfants.

16 – La Couleur Gentille (Die Liebe Farbe)

Je m’habillerai de vert,

De vert comme le saule pleureur :

Mon amour aime tant le vert.

Je chercherai un bosquet de cyprès,

Une lande de romarin vert.

Mon amour aime tant le vert.

En avant pour la chasse joyeuse !

En avant à travers les bosquets et les haies !

Mon amour aime tant la chasse.

Le gibier que je pourchasse est la mort.

Ma lande est la douleur d’aimer :

Mon amour aime tant la chasse.

Creusez ma tombe dans le gazon,

Recouvrez-moi d’herbe verte :

Mon amour aime tant le vert.

Je ne veux ni croix noire, ni petites fleurs multicolores,

Je ne veux que du vert, rien que du vert autour de moi,

Mon amour aime tant le vert.

17 – La Couleur méchante (Die Böse Farbe)

Je voudrais courir le monde lointain,

Partir de par le vaste monde ;

Si tout n’était pas si vert, si vert ,

Là bas, dans les bois et les champs !

Je voudrais cueillir les feuilles vertes,

Les cueillir toutes sur chaque rameau,

Je voudrais pleurer sur les prairies vertes

Et les voir pâlir jusqu’à la mort.

Ah, vert ! méchante couleur,

Pourquoi toujours me regarder ainsi,

Si fière, si insolente et sans pitié pour moi,

Pauvre homme si blanc ?

Je voudrais m’étendre devant sa porte,

Dans la tempête, la pluie et la neige,

Et chanter très doucement le jour et la nuit

Ce seul petit mot : Adieu !

Écoute, quand dans la forêt, résonne un cor de chasse,

On entend le bruit de ses carreaux

Et même si ce n’est pas moi qu’elle cherche,

Au moins puis-je la regarder.

Oh, détache de ton front

Ce ruban vert, si vert,

Adieu, adieu ! Et tends-moi

La main en guise d’adieu !

18 – Fleurs séchées (Trockne Blumen)

Vous toutes, fleurs

Qu’elle me donna,

Que l’on vous couche

Avec moi dans la tombe.

Comme vous me regardez

Toutes douloureusement,

Comme si vous saviez

Ce qui m’est advenu.

Vous toutes,

Que vous êtes donc fanées et pâles,

Vous toutes les fleurs,

Pourquoi êtes-vous mouillées ?

Ah, les larmes ne font pas

Reverdir en mai le printemps,

Ni ne font refleurir

Un amour mort.

Et le printemps viendra,

Et l’hiver s’en ira,

Et les fleurs à nouveau

Couvriront la prairie.

Et des fleurs aussi

Reposeront dans ma tombe,

Toutes les fleurs

Qu’elle me donna.

Et lorsqu’elle se promènera

Sur la colline,

Elle pensera dans son cœur :

Celui-là m’était fidèle !

Alors vous pousserez toutes,

Mes fleurs,

Le mois de mais s‘en est venu,

L’hiver s’en est allé.

19 – Le Meunier et le Ruisseau (Der Müller und der Bach)

Le meunier

Lorsqu’un cœur fidèle

Se meurt d’amour,

Les lys se fanent

Au jardin ;

La pleine lune

Se cache dans les nuages

Afin que ses larmes,

Les hommes ne les aperçoivent pas.

Alors les anges

Tiennent leurs yeux clos

Et pleurent et chantent

Pour la paix de l’âme.

Le ruisseau

Et quand l’amour

S’arrache à la douleur,

Une nouvelle étoile

Naît au firmament.

Trois roses,

Mi-rouges mi-blanches éclosent,

Qui jamais ne faneront

Sur leurs épines.

Et les anges

Se coupent les ailes

Et descendent tous les matins

Vers la terre.

Le meunier

Ah, petit ruisseau, cher petit ruisseau,

Tu ne veux que bien faire :

Ah, ruisseau, mais sais-tu bien

Ce que fait l’amour ?

Ah, sous terre

Le repos est frais !

Ah, petit ruisseau, cher ruisseau,

Chante encore et toujours.

20 – La Berceuse du Ruisseau (Des Baches Wegenlied)

Repose en paix, repose en paix !

Ferme les yeux !

Voyageur fatigué, tu es arrivé.

Ici tu trouveras la fidélité,

Auprès de moi tu reposeras

Jusqu’à ce que la mer ait bu tous les ruisseaux.

Je te ferai un lit bien frais,

Un oreiller si doux,

Dans la petite chambre de cristal bleu.

Venez, venez,

Vous qui savez bercer,

Bercez et endormez ce garçon !

Si un cor résonne,

Dans la verte forêt,

Je bruirai fort autour de toi.

Ne me regardez pas,

Petites fleurs bleues,

Vous donnez à mon dormeur des rêves trop lourds.

Quitte, quitte

Le sentier du moulin.

Méchante fillette, que ton ombre ne l’éveille pas,

Lance-moi plutôt

Ton joli fichu,

Que je lui en couvre les yeux !

Bonne nuit, bonne nuit !

Jusqu’à ce que tout s’éveille,

Que ton sommeil épuise tes joies et tes peines !

La pleine lune se lève,

Les brumes se dissipent,

Et le ciel là haut, qu’il est immense !

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JCP

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20 février 2009

rock, années 70 et 80

Une somme de renseignements incroyable sur les évènements rock des années 70 et 80, collectée ici sur son site personnel par Philippe Andrieu:

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Tous les concerts, avec des témoignages sur le lieu, les musiciens, les conditions, les prestations, le public, avec des photos et des coupures de journaux de l'époque, à visiter absolument !

clic sur l'image:

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JCP

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19 janvier 2009

Blog à nouveau honoré ...

"Le Soulier Voyageur" à nouveau honoré d'une distinction Canalblog...quelle valeur accorder à cette "distinction"...)

 

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Rock, années 70

Une somme de renseignements incroyable sur les évènements rock des années 70 et 80, collectée ici sur son site personnel par Philippe Andrieu:

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Tous les concerts, avec des témoignages sur le lieu, les musiciens, les conditions, les prestations, le public, avec des photos et des coupures de journaux de l'époque, à visiter absolument !

clic sur l'image:

PHILIPPE_ANDRIEU

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JCP

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31 décembre 2008

les QUINTETTES DE MOZART

 

Intégrale des quintettes de Mozart (3 CD Caliope) par les Talich

Un sommet inégalé d'expression, de sensibilité, d'émotion, servi par une remarquable prise de son, couleurs, phrasé, tout y est, j'y retourne plutôt que de perdre le temps d'en parler !

Avec le célèbre quintette pour clarinette en final bien évidemment, la friandise du tympan ...

Cette intégrale a été unanimement saluée par la critique :

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JCP

DRHopie

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LE SITE ROCK DES ANNÉES 70 - 80

Une somme de renseignements incroyable sur les évènements rock des années 70 et 80, collectée ici sur son site personnel par Philippe Andrieu:

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Tous les concerts, avec des témoignages sur le lieu, les musiciens, les conditions, les prestations, le public, avec des photos et des coupures de journaux de l'époque, à visiter absolument !

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