Parole de Musique

01 octobre 2011

Concert OCT 28 sept 2011

Concert "à la criée" de l'orchestre de chambre de Toulouse, mardi 28 sept 2011 au Phare à Tournefeuille.

Depuis quelques années déjà, la saison de l'O.C.T. s'ouvre sur un "concert à la criée", concept d'origine allemande dit-on. Le principe en est le choix du programme selon l'intensité des vociférations du public à l'annonce des oeuvres. La chose est assez ludique et le public se prend au jeu dans un vacarme des plus joyeux.

En voici le programme, pardon, le menu !

Les oeuvres choisies par le public sont cochées, la surprise du chef fut le vol du bourdon de Khatchaturian, suivi du final de la simple symphony de Britten.

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Une excellente soirée musicale avec un orchestre parvenu à un niveau remarquable (malgré un second violon remplacé ce soir là - mordu à la main par son chien, sale bête).

Pourtant, on demeure un peu sur sa faim (c'est le cas...), n'ayant pas le même appétit pour tous les plats présentés - surtout pour ceux que l'on n'a pas demandés. En outre, le concert étant entrecoupé (trop) par la criée (c'est le principe), la musique n'y gagne pas vraiment, la concentration ne se faisant pas aussi bien qu'à l'ordinaire...

Une soirée différente, une sorte de jeu musical, déjà pratiqué outre-Rhin, et qui trouve chez nous un écho favorable, belle façon d'ouvrir la saison en définitive, les plats de résistance sont à venir, au cours d'un programme de 10 concerts - prochain le 18 octobre au Phare, pour ne citer que ce lieu !

Le prix modéré (10 € plein tarif) de ces concerts, outre le fait qu'il représente une aubaine pour les Toulousains, a fait progresser notablement le public de l'O.C.T. qui vient de dépasser les 1500 abonnés, nombre jamais atteint ! Remercions la municipalité pour un investissement culturel qui semble porter ses fruits.

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08 janvier 2011

Le lecteur de CD Marantz CD5004

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Tonneau de musique

d’où jaillissent sans lasser

tant et tant de notes

 

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Le lecteur de CD Marantz CD 5004

Faisant suite au très remarquable Mission PCM 7000 (haut de gamme de 1986), le petit lecteur très bas de gamme Philips du début des années 90 ne faisait pas le poids – pourtant il se battit vaillamment, malgré son côté un peu raide, sa sècheresse et son grave tronqué, qui lui offraient ainsi une définition très acceptable, à défaut d'une véracité de timbres sans reproche.

Il était temps d’opérer le remplacement par un lecteur digne du préampli SRPP de doubles triodes ECC82 et de l'ampli classe A de 8 pentodes EL84 de fabrication personnelle, c’est chose faite avec le Marantz CD5004, bas de gamme qui ne craindrait pas de se mesurer aux grands – selon les dires de la revue Diapason, qui lui accorda un « Diapason d’or » en 2010, distinction faisant autorité dans notre pays.

Intégrer une source bas de gamme à une chaîne plutôt audiophile, propulsée par une amplification à tubes et des enceintes JBL L26 des années 70 refaites et améliorées plusieurs fois (tweeters à dôme Audax, 25 cm. aimant Alnico remembranés 2 fois et filtre refait), mais écoutée en majorité sur l’excellent casque Sennheiser HD650 (« Diapason d’or » également) n’allait pas de soi, pire, le risque de déception était patent, et c’est fébrile comme en « 14 » que les connexions furent exécutées.

Dès les premières notes, pas de déception notable (il en est toujours ainsi avec un nouvel élément), et voici au terme d’une quarantaine d’heures d’écoute ce qui en ressort (selon ma propre perception bien entendu, et au casque précité – mon meilleur maillon):

- Aigu sans agressivité au casque (un peu d’agressivité, mais très supportable aux enceintes, qui ne sauraient atteindre le naturel et l’ampleur du casque). Le violon passe remarquablement bien au casque (Szerying-Marriner Philips). Aigus du piano (N° 20 Brendel-Marriner Philips) très bons. Cymbales et percussions de même (Marley Kaya, Kind of Blue, Back to Back Ellington).

- Médium excellent, les voix passent très bien, charnues et présentes (Vivaldi Orlando Furioso Spinosi Decca, Marley Kaya, Winterreise Schubert Dieskau)

- Grave profond donnant du corps à l’ensemble, que l’on aurait cependant préféré plus vif et plus défini – on ne peut tout avoir à ce prix là, mais il est très naturel – duos de contrebasses Bottesini).

- Prolongation des notes très audibles sur le piano ou les cordes (étonnant pour un lecteur de ce prix)

- Surprenante vivacité aigu, médium et bas médium.

- Timbres d’une grande véracité, certains sont à se dresser sur son fauteuil (voix Orlando Vivaldi, tutti orchestre et attaques instruments solo Telemann Concertos Goebbels Archiv) !

- Absence totale de bruit de fond et de fatigue auditive, ce dernier fait n’ayant jamais été constaté personnellement à ce point auparavant.

- L'écoute directe au casque par la prise frontale prévue (volume réglable) n'atteint pas l'ampleur ni le naturel que délivre le préampli SRPP, mais peut cependant dépanner - une bonne chose.

- Conclusion : il y a sans doute mieux, au dessus de mille euros mais – est-ce certain ? Cependant, il serait intéressant de comparer avec celui-ci toute la gamme des lecteurs Marantz (SA7S1, SA1152, SA15S2, SA6002, SA6003, SA15S1, SA7003SG, SA8003 etc...) ... pour ma part, je conserve donc mon CD5004 tout neuf, d’autant qu’il n’est pas sinécure de le trouver présenté autrement que passé au goudron (sans plumes SVP), selon la mode actuelle – qui semble avoir la vie dure : « Black is beautiful – are you sure ? ».

- Sans incidence sur le son: afficheur à lettres "pour jeunes" totalement illisible à plus d'un mètre - selon la tendance actuelle généralisée en matériel audio et vidéo.

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JCP

Posté par Vigane à 12:20 - 0010 - SON, MATÉRIEL, ÉLECTRONIQUE, RÉALISATIONS - Commentaires [2] - Rétroliens [0]

10 mars 2010

L'objet du délire

Le Stax SRX MK3 et son alimentation SRD7, objet de la réparation.

Ce casque figurait en son temps - et figure aujourd'hui encore parmi les meilleurs casques électrostatiques du marché audio, hélas tellement délaissé aujourd'hui au profit de la "vidéo", dans l'inexorable montée du flot de l'inculture ... aujourd'hui la restitution sonore de très haute fidélité, hélas devenu marginale, n'est plus à la portée que des plus fortunés - en supposant même qu'ils puissent se procurer du matériel...

A suivre ...

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Posté par Vigane à 08:37 - 0010 - SON, MATÉRIEL, ÉLECTRONIQUE, RÉALISATIONS - Commentaires [2] - Rétroliens [0]

08 mars 2010

La Chanson Grise

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Nouveau blog littérature, poésie et humour:
( 1 clic sur l'image)

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Posté par Vigane à 13:28 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

27 février 2010

Branle-bas de combat !

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Reprise de l'ensemble préampli à tubes "SRPP / ECC82" (en service depuis  le 3 juin 1997), et ampli à tubes "Quatuor classe A / EL84" (en service depuis le 17 juillet 1999).

Au programme, interventions sur l'ensemble comprenant:

- les alimentations du chauffage des filaments ampli et préampli (12,6 Volts 2,5 Ampères et 12,6 Volts 5 Ampères stabilisée)
- L'alimentation haute tension ampli (300 Volts continu régulée)

(Les "travaux" consistent en une simple adjonction d'un interrupteur secteur supplémentaire afin de dissocier ampli et préampli, et le réglage des temporisations d'activation des hautes tensions, malgré leur légère dérive - env. 30 secondes en 10 ans)

... Ceci dans le but de réhabiliter l'écoute sur enceintes acoustiques, et dans une seconde étape, aborder la rénovation de l'alimentation SRD7 du casque électrostatique Stax SRX.

Ceci n'aurait pas été possible sans l'aimable collaboration de Gérard C., qui a su trouver LA solution de remplacement de la diode Zener "Z 1082" claquée, hélas introuvable - et surtout fournir gracieusement l'ensemble équivalent de diodes, déjà pré-assemblé: Un grand merci !

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Étagère du haut, au centre: un récepteur FM Grundig de 1952 rénové, couplé à un amplificateur stéréo: un must pour l'époque !

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Article suivant: la rénovation de l'alimentation SRD7 du casque STAX SRX... à suivre.

Y aurait qu'à écrire des vers là-dessus....:

http://chansongrise.over-blog.com/article-a-zener-45502931.html
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JCP

Posté par Vigane à 08:53 - 0010 - SON, MATÉRIEL, ÉLECTRONIQUE, RÉALISATIONS - Commentaires [2] - Rétroliens [0]

16 janvier 2010

Les Années Rock, de 1970 à 1974

 

Cette série de photos et de documents "d'époque" retrace les festivals et concerts de Rock qui se sont déroulés dans le sud de la France, ces années là.

La présentation des images est faite dans le plus anarchique des désordres, par respect pour cette période là !

Les plus importants furent ceux d'Aix en Provence, les 1, 2 & 3 août 1970, et de Biot, entre Antibes et Cagnes sur Mer, les 5 & 6 août 1970.

Il convient de situer le contexte: le plus important des festivals de Rock de tous les temps "Woodstock" avait eu lieu plus d'un an auparavant, et une large majorité de celles et ceux qui accoururent à ces deux festivals, Aix et Biot, avaient pu voir le film tourné pour cette manifestation unique.

Ci-dessous: l'affiche originale du festival de WOODSTOCK (1969)

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Le timbre poste édité pour l'occasion:

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L'affiche du film:

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Quelques images prises au cours de concerts et festivals Rock; c'est finalement à travers leurs goûts musicaux qu'on perçoit le mieux les générations; ceci, dans une moindre mesure, semble encore être vrai aujourd'hui ....

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Le festival d'Aix en Provence, les 1, 2 et 3 août 1970

La vidéo du festival (durée: 5'):

http://www.ina.fr/fresques/reperes-mediterraneens/Html/PrincipaleAccueil.php?Id=Repmed00381

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Vidéo de l'émission POP 2 montrant le festival de Biot (Country Joe Mc Donald et Mouna):

http://www.ina.fr/recherche/recherche?search=festival+biot+1970&vue=Video

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Récit complet:

http://chansongrise.over-blog.com/article-rock-nostalgix-45502091.html

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Une vue partielle des campements, sur le domaine St. Pons, appartenant au général en retraite organisateur du festival. Après de vifs affrontements avec les CRS suivis de larges mouvements de foule et de bris de barrières, le festival fut déclaré interdit par les autorités.

A partir de son interdiction, la manifestation put alors, au contraire, se dérouler dans le calme, parfois interrompu par les cris et les piétinements grondeurs de quelque troupe au galop, rejoignant les lieux et se fondant vivement dans la masse - nuage de poussière et sol tremblant - ivre de joie d’avoir débordé la maréchaussée et mis à bas les clôtures.

On se prépare à passer deux nuits sur le terrain; la météo annoncée est bonne.

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Une partie du campement, aux heures musicalement creuses.

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Hare Krishna...

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Dans un camping, quelque part près de Biot (entre Antibes et Cagnes sur Mer), le 3 août 1970: l'affiche du festival d'Aix, tenue par Michelle. Entrée pour les 3 jours: 55 francs.

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Aix en Provence

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Aix en Provence

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Pourquoi cacher ce que la nature nous a donné, la liberté commence par ce geste, la libération sexuelle mène à la libération tout court qui, elle, peut mener encore plus loin, mais attention, les gouvernements rétrogrades oppresseurs du peuple, et les religieux, veillent, dans l'intérêt de leur propre pérennité ...

Vous reprendrez bien une bouffée d'anarchie, non ?

 

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Campement au festival Rock de Biot, 5-6 août 1970.

Le site de Moving Gelatine Plates, remarquable groupe français qui se produisit à Biot, et qui poursuit toujours une étonnante carrière: écoutez leur dernier enregistrement, en date de janvier 2008:

http://mgp.ifrance.com/index.html

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Camping de fortune sur terrain incertain et accidenté, la chaleur est méditerranéenne, c'est à dire intense, dans ce fond de vallon de l'arrière pays, vaguement en forme de cirque.
L'affiche est de taille:
Joan Baez, Pink Floyd, Soft Machine, King Crimson, Kevin Ayers, Steve Winwood et John Lennon pour les plus connus aujourd'hui, tous ne viendront pas ...  Le festival fut un fiasco, parmi les "grands noms", seule Joan Baez se produisit, suivie des groupes français comme Moving Gelatine Plates, Alice, Ame Son, Alan Jack Civilisation...

La très prétentieuse et très mensongère affiche du festival de Biot, qui portait le nom offensant, voire injurieux envers artistes et public, de "Popanalia" ! Cela sentait l’arnaque à plein nez : trente Francs seulement pour voir d’un seul coup d’un seul, et en un jour et demi seulement, la fine fleur du Rock mondial de l’époque ! Un total annoncé de vingt groupes : même avec une organisation d’exception, et en comptant à peine un battement d’une heure entre les groupes pour laisser œuvrer les road managers (ici la scène était insuffisante pour qu’ils pussent travailler en temps masqué, contrairement à Aix, où le matériel de trois groupes pouvait tenir aisément sur scène), cela représente un minimum de soixante heures, à répartir donc sur environ trente-six heures ! Or, en ces temps heureux, la compression numérique et le zapping n’avaient encore été pensés par aucun cerveau, fût il surdimensionné et prémonitoire...

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Campement de fortune à Aix pour 3 jours et 2 nuits, on cherche l'ombre le jour et le duvet n'est pas de reste la nuit ...

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Les amours pâlissent ils aussi vite que le papier de leur image ?...

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Festival d'Aix en Provence

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Vivons nus vivons libres.

Un superbe mais pas très jeune "RolleiCord" 6x6 d'occasion, le RolleiFlex du pauvre pour toutes les photoas présentées ici ...

Comme de nombreuses personnes de notre génération, nous avons pratiqué le naturisme, la paix de l'âme par l'extinction des pulsions sexuelles, contrairement bien sûr à ce qu'imaginent tous les non-pratiquants, alimentés de tous les fantasmes et perversions possibles sur le sujet, soient-ils réprouvés ou non par les religions ...

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Une des tours sono, très conséquente pour l'époque (JBL en majorité ...)

Aix en Provence.

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L'auteur de ce blog, beaucoup moins jeune qu'aujourd'hui...

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Aix en Provence:

Sur la scène, assez vaste pour recevoir largement trois groupes, une assez belle organisation: un groupe joue, le précédent désinstalle, le suivant installe.

La délicate mission d'ouvrir le festival fut confiée à "Triangle".

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Triangle, groupe français créé en 1967, se produisit à Aix.
Un des premiers groupes de rock français, reconnu à une époque où la France copiait beaucoup du côté des anglo saxons. Le groupe était composé de Jean-Pierre PREVOTAT, Pierrot FANEN,Gérard FOURNIER .

Il a  réalisé un tube en 1970 "Peut-être demain". Un coffret est sorti en CD en 1997 reprenant l'intégrale du groupe. Le chanteur Gérard FOURNIER, surnommé « PAPILLON quittera le groupe pour tenter une carrière solo sans réussite . "Papillon" est aujourd'hui décédé .

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Aix en Provence

Hare Krishna, Krishna Krishna, Hare Hare .... etc .....

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Petit matin au festival d'Aix en Provence le 2 ou 3 août 1970.

L'atmosphère est palpable, il est peut être 5-6 heures du mat, certains frappent encore des tablas sur la scène, d'autres dorment encore.

Les aimables effets du cannabis se sont estompés, certains sont encore dans des trips bien plus hards avec des produits plus redoutables...

Pour l'anecdote: certaines pillules d'"acide" et de LSD n'étaient que de mauvais somnifères...les clients trompés se réveillent coléreux, et j'ai l'incroyable malchance de ressembler à l'ignoble dealer allemand (barbe et cheveux longs de couleur claire) qui leur a vendu des substituts au prix fort !
Nous n'en viendrons pas aux mains, le voisinage me soutient et me disculpe vivement ... nous changeons de coin, le pré du domaine St. Pons est vaste.

Le cannabis et le hash, si l’on n’avait pas la malchance de tomber sur ces produits contrefaits, étaient en général de qualité, et tout à fait aptes à agrémenter la musique, mais certains ne se contentaient pas de ces amuse-gueule, chauffant l'héroïne à la bougie dans la cuillère à soupe avant de pomper le liquide à la seringue à poire, dangereux scénario !...

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Jean-Luc PONTY était là, en "Guest Star" de Magma, dans les arènes du Grau du Roi, en cette fin d'été 1970.

Alors étoile montante du Jazz-Rock, son succès s'est confirmé par la suite, ses disques sont aujourd'hui en bonne place aux rayons de Jazz de nos disquaires.

Nous eûmes la chance de manger à la table voisine de celle de ces musiciens passionnés par leur art et qui parlaient musique plus qu'ils ne mangeaient, souvenir vibrant !

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Le terrifiant Pete Brown, chanteur, percussionniste et leader de "Pete Brown and Piblokto !", qui se produisirent à Aix, ici au théâtre du Taur, à Toulouse (1972 ?)

Poète et compositeur anglais, il est responsable notamment de certains succès d'Eric Clapton du temps de "Cream" avec Jack Bruce et Ginger Baker, ceux qui ont connu n'ont certainement pas oublié !

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Festival de Biot, près d'Antibes (Alpes Maritimes) 5 & 6 août 1970.

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Aix en Provence

Petit matin hagard et blafard, duvet, couvertures et feux de camp promptement allumés, il avait fait très chaud la veille mais ce matin la rosée est là, dans l'herbe, pour quelques heures encore...

Et puis, il faut le dire, cette nuit, on a pas été très raisonnables, dans la fumée aromatique des herbes non natives de cette pelouse provençale....

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Là, on est à Biot, dans les Alpes Maritimes, les 5 & 6 août 1970 et il fait très sec, on s'est installés, il n'y a plus qu'à attendre en causant musique, tiens, il y a Jean Bernard HEBEY derrière nous qui n'arrête pas de causer politique - en plus on est d'accord avec lui !

L'écran va nous offrir un des meilleurs spectacles psychédéliques de l'époque par des spécialistes français, doublés d'un bon groupe: les "Moving Gelatine Plates", aujourd'hui certainement dépassé mais très très costaud à l'époque !

Ils sont toujours là, voici leur site ! :

http://mgp.ifrance.com/index.html

Le site de la ville de Biot:  http://www.biot.fr/


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Encore eux !  "Hare Krishna ........"

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Festival d'Aix en Provence, 1,2,3 août 1970.

Toujours Krishna...

On ne peut pas dire qu'on y était pas, au centre ce sont nos duvets à carreaux qui nous faisaient un peu d'ombre !

On voit pas Michelle mais je suis sûr qu'elle est dans la foule ...

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Contrairement à Woodstock où il avait plu à torrent, à Aix en Provence il fallut combattre la chaleur excessive, par cette lance notamment, belle idée qui ouvrit le bal de grandes réjouissances, quelque peu boueuses à terme cependant...

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... Mais le résultat fut identique: de la boue; certains avaient peut être vu le film "Woodstock" avant, et souhaitaient se parer de la boue provençale - qui vaut bien la boue des Amériques...

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Aix en Provence, 1,2,3 août 1970.

 

Le public entre 2 concerts, dansant plus ou moins sur de la musique diffusée par l'énorme sono - pour l'époque: Impérissable souvenir: la diffusion de "In A Gadda da Vida" de l'Iron Butterfly par ces haut parleurs, quel son, mais quel son dans le pré !!!

Ceux qui connaissent se doutent, ceux qui y étaient savent déjà....

Au fait, y en a pas une ou un qui y était, ce serait marrant d'en causer 40 ans après !!!??? - et si vous avez fait des photos: on partage !

Le fait est que les coupes de cheveux ont évolué depuis - mais dans quel sens ?

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" En vérité je vous le dis, Krishna est avec nous !"

Voyez-vous, c'est là la parole de Krishna lui même...

Ajoutons au passage que le développement du Bouddhisme en Occident date approximativement de cette époque, il fut et reste non négligeable aux USA et chez nous aussi, où il a su s'adresser non seulement aux athées mais aussi à tous les croyants comme pratique complémentaire, possible et non contradictoire ...

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Biot, 5 & 6 août 1970

Il faisait très chaud, les bouteilles de Vittel du premier plan en témoignent, en vente près de la scène: incontournables, leur prix aussi, qui atteignait bien celui du soda !

 

Rappelons qu'à l'époque l'eau "en bouteille" n'était consommée que par les nourrissons et les snobs de la capitale ...

Clou de la soirée: Joan BAEZ qui fut quelque peu sifflée car un peu trop exigeante envers son public:
Elle n'hésitait pas à stopper net au moindre éclair de flash qui l'indisposait - un peu prétentieuse la dame...
Ses discours à n'en pas finir entre les chansons, concernant son compagnon emprisonné pour résistance au gouvernement américain - ENTIÈREMENT EN ANGLAIS ! - furent aussi diversement appréciés, même si sa lutte, que nous connaissions à l'époque était considérée comme tout à fait noble et justifiée par l'immense majorité des spectateurs.

Vidéo de l'émission POP 2 montrant le festival de Biot (Country Joe Mc Donald et Mouna):

http://www.ina.fr/recherche/recherche?search=festival+biot+1970&vue=Video

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Aix en Provence, 1,2,3 août 1970, louanges à Krishna...

Là ça y est, vous souscrivez enfin auprès de Krishna lui même, cette nuit vous l'apercevrez dans les volutes de la fumée de vos cigarettes ...

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Halle aux grains de TOULOUSE, 1972 ?

Le batteur de Soft Machine en action, remplaçant Robert Wyatt après son accident (méfiez-vous des escaliers),  qui le rendit paraplégique...
Chanteur et batteur à la sensibilité à fleur de peau, Soft Machine sans Wyatt c'est plus tout à fait Soft Machine...sa douce voix éthérée, envolée, nous manque.

Mais Mike Ratledge et Hugh Hopper sont là, il y a aussi un saxo, Soft Machine s'est désormais résolument orienté jazz-rock, regrets éternels ...
Robert Wyatt a par la suite, et encore récemment (après 2000), enregistré en solo quelques perles rares du Rock comme "Rock Bottom".

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KLAUS BLASQUIZ, le redoutable chanteur de MAGMA dans ses oeuvres, ici aux arènes du Grau du Roi, 1970.

Co-fondateur de MAGMA avec Christian Vander à la batterie, ils ont élaboré un langage nouveau, nommé "Kobaïen" apte à soutenir les rythmes et les sonorités de leur originale musique, teintée de Jazz-Rock.

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THE WHO, parc des expositions, Toulouse, 1972 ?

Les WHO en concert à Toulouse, fait mémorable...

Le doute m'habitait avant que le concert ne commence: les Who ne sont pas bons sur scène, certains enregistrements le prouvent, même si leur musique est originale et leurs disques en studio excellents !

Le résultat fut pire que l'attente: ça tournait pas très rond sur scène ...

Faut dire que l'entrée en force et avec bris de barrières et portes des "Jeunesses Communistes Révolutionnaires" avait un peu gâché l'ambiance...

Les mauvaises vibrations épaisses et palpables tout le long du concert n'ont peut être pas aidé nos héros à se transcender, soyons indulgents ...

Les Jeunesses Communistes Révolutionnaires revendiquaient la musique pour tous et donc sa gratuité de façon violente et organisée dans le cadre de la lutte "anti-bourgeoise" et de ses soi-disants privilèges.

Habillés de bleu marine par opposition à une certaine jeunesse plus colorée, et très organisés, ils arrivaient à pourrir certains spectacles en s'y introduisant par la violence, s'ils avaient jugé préalablement que le public était fait de "petits bourgeois" - selon leurs critères propres.

Nous étions pour la plupart avec eux pour la portée de l'acte, même si nous déplorions la perturbation des concerts, ils n'avaient donc pas de résistance de la part du public, d’autant qu’ils étaient armés, eux, mais il y avait souvent de sévères combats avec les forces de l'ordre, et quelques blessés à la clé (pas de sol, la clé...).

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SOFT MACHINE, halle aux grains de TOULOUSE, 1971 ?

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EX FAN DES SIXTIES, LE SOUVENIR SE FISSURE ........

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FIN

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Ma fausse modestie naturelle m'interdit Habsolument de dire Hici que cette photo fut primée en son temps par la FNAC et CANAL +, et exposée "in Paris" à l'occasion de la sortie du très excellent et remarquable ouvrage " 70'S  THE BOOK" , dirigé par Gilles Verlant aux éditions Vade Retro, 27 ans après le festival de WOODSTOCK, soit en 1994...

 

Je ne citerai pas la liste interminable des présents de haute valeur reçus pour ce shot, réalisé avec un préhistorique ROLLEICORD 6x6 non équipé de l'indispensable mesure de la lumière - ne parlons pas du tout autant indispensable "Autofocus" qui bien entendu n'avait pas encore été pensé dans aucun cerveau, aussi japonais fût il ..!

 

En vérité c'est vrai .... je vous le dis .....

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Irrésistible Photoshopisation à postériori qui ne fait que dégrader cette remarquable image vue depuis l'ici et maintenant mais qui peut être en son temps, de l'ailleurs et de l'autrefois, fût " très génialement" considérée...

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Irréfutable attestation de notoriété scannérisée ici et maintenant..., à noter qu'il fallait être présent en la capitale pour recevoir le prix, parisianisme oblige ...

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Je perçus cependant le fameux "BOOK" dédicacé et le CD "Jimi Hendix at Woodstock"...

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La vidéo du festival d'aix (durée: 5')

http://www.ina.fr/fresques/reperes-mediterraneens/Html/PrincipaleAccueil.php?Id=Repmed00381

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Vidéo de l'émission POP 2 montrant le festival de Biot (Country Joe Mc Donald et Mouna):

http://www.ina.fr/recherche/recherche?search=festival+biot+1970&vue=Video

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Chico Magnetic Band dans ses oeuvres

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Johnny Winter

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Aix en Provence: Ergo Sum ne put se produire

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Ils s’apprêtent à jouer au festival d’Aix, mais n’ayant pu répéter convenablement, ils sont contraints d’abandonner. C’est alors qu’ils rencontrent B.B. Brutus, ex-membre de Barricade (groupe marseillais provocateur et turbulent) et ami du premier bassiste de Lemon Pie : Edouard Magnani. Il remplace Alain Richard qui, las des aléas, jette le gant en août 1970.

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François Jouffa à Aix:

http://wwwcinemusiques.blogspot.com/2007/07/franois-jouffa.html

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Dernier enregistrement de Moving Gelatine Plates, 01 2008, écoutez !

http://mgp.ifrance.com/index.html

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Récits Rock (1967 – 1974)

 

C’est à travers leur musique que l’on perçoit le mieux les générations nouvelles.

 

1 – Le festival de Rock d’Aix en Provence (1, 2 & 3 août 1970).

 

 Il faisait chaud dans le sud de l’Espagne, en cette fin du mois de juillet 1970, dans ce camping à peine ombragé de quelques eucalyptus, dont le feuillage clairsemé laissait passer bien trop de soleil ... Aussi, lassés de bêtifiante baignade, ce fut un soulagement que d’apprendre par la radio qu’un évènement, sans précédent, se préparait en France : un festival de Rock de trois jours, pas moins, dans un immense champ près d’Aix en Provence. On y attendait des artistes de grand renom, comme The Flock, Pete Brown, Johnny Winter, Mungo Jerry, Léonard Cohen et Colosseum, en sus de quelques groupes Français bien connus. On ne pouvait rester là, les bras croisés à ne rien faire, il fallait vivre un tel évènement, et ce n’était pas ces misérables mille-cinq-cent kilomètres qui nous séparaient de l’évènement, qui allaient faire obstacle et nous en priver !

Ce fut le lendemain, dès l’aube, que nous mîmes le cap plein nord ; la nécessaire vidange de la Renault 8 fut exécutée en route, sur quelque bas côté peu fréquenté, en un tour de main et quelques tours de clé, désormais le chronomètre tournait ! Une nuit de repos sur la Costa Brava, et nous voici, à l’issue de la seconde journée, en pleine ville d’Aix, cherchant et trouvant vite le lieu de vente des billets pour le festival. La ville regorgeait de monde – et de beau monde – on n’avait jamais vu ça ... les Aixois non plus d’ailleurs, même s’ils semblaient moins enthousiastes à la vue de ces envahisseurs, rarement fortunés de surcroît : cinquante-cinq francs l’entrée suffisaient à mettre à mal ces jeunes bourses, et de ce qu’il pouvait y rester, on tirait plus aisément de quoi payer la baguette et la boîte de pâté, que le menu des restaurants huppés du centre de la ville.

Quelques provisions de bouche furent faites, et l’on se dirigea vers le lieu du concert, extrêmement aisé à trouver, puisqu’il suffisait de suivre l’embouteillage interminable d’autos et de piétons, entrecoupé de compagnies entières de CRS armés jusqu’aux dents : Un tel évènement, sans précédent aucun sur notre territoire, attirant une telle masse de jeunes, aussi honteusement vêtus et coiffés, l’esprit malsain contaminé des idées les plus dangereuses, exigeait les grandes précautions – encore heureux s’il ne fallait pas tirer quelques grenades lacrymogènes avant ce soir. En tout cas, les ambulances se tenaient prêtes, un peu à l’écart, et un hélicoptère de la gendarmerie allait et venait, sous les huées et les poings levés de la foule bariolée.

L’auto laissée dans le grand champ prévu à cet effet, lourdement chargés de nourriture et boisson, vêtements et couchage, il ne restait plus qu’à pénétrer dans l’enceinte, dont nous longions, en fourmilière enfuie, l’imposante et longue clôture grillagée, qui semblait ne pas vouloir trouver sa fin.

L’entrée n’était pas seulement en vue que déjà la file s’immobilisait, la foule grandissait, s’enflait, débordait des barrières mal prévues pour la localiser : on patientait, parlant musique, prix excessif des places, possibilités de boire et de se nourrir à l’intérieur, parfois dans le mauvais anglais appris au lycée, avec quelques voisins de notre pays de France – où avait lieu l’évènement !

Mais, sous une rumeur de foule croissante, brutalement devenue clameur, les alignements menaçants de casques, éclatants de soleil, et les crosses de bois des MAS36 des CRS, qui seuls dépassaient des champs herbeux, soudain se dressent et se rapprochent : l’affrontement est inévitable, on a secoué, profané, renversé, piétiné par places cette clôture, symbole de la dictature de l’argent et de la société de consommation, enfin mis à bas par l’effort de tous.

On se bat, des coups, des explosions se font entendre, les CRS se ressaisissent, referment les brèches par lesquelles les hordes sauvages se sont engouffrées ; les radios annoncent l’annulation pure et simple du festival ; l’information est reprise à l’intérieur de l’enceinte où, parmi les premiers, nous avions pu pénétrer - en payant, finalement - répréhensible moyen petit bourgeois, dont il convient désormais de ne pas se vanter, si l’on souhaite faire bonne figure.

C’est donc sans violence que les barrières s’ouvrirent pour nous. Quelques milliers de personnes étaient déjà dans la place, perdues dans cette immense prairie toute entourée d’arbres, un lieu superbe - mais on était là pour la musique. Et c’est dans un fébrile empressement que l’on s’approche du saint lieu : la scène, immense à faire rougir de honte un porte-avions, est déjà envahie de toute une fourmilière de road managers qui se pressent, courent, empilent, montent, câblent, testent les micros, les instruments : on ne nous a pas menti, c’est bien ici que ça va se passer !

Dressées de part et d’autre de la scène, deux larges et hautes colonnes de lourd treillis métallique, débordent chacune d’un empilement gigantesque d’enceintes de sonorisation des meilleures marques, américaines pour la plupart : le fin du fin du haut parleur, une débauche de « JBL » de toutes tailles, du jamais vu dans tout le pays de France, même à l’intérieur des  discothèques de renom !

Alors, comme des gosses au sapin lorsque le Père Noël s’est surpassé, cette foule arpente l’étendue, ne se fixe pas, court de la scène au bocage, des stands de boissons à ceux de nourriture où déjà l’on carbonise la merguez et tranche le sandwich, jusqu’aux aux rustiques toilettes que peut-être Cromagnon lui-même eût trouvées sommaires, constituées d’un plancher à claire-voie recouvrant une immense tranchée, adossées à la clôture envahie d’épineux. On avait dû creuser là cette profonde fosse de quelques coups de pelle mécanique, elle serait sans doute refermée de même, et l’on peut augurer d’une herbe des plus vertes sur cette superficie, questionnant sans doute des générations de d’ethnologues dans un avenir lointain.

La contemplation de cet incroyable alignement de postérieurs de tous sexes - dont certains étaient remarquables - dans l’exercice de leurs fonctions naturelles, fut pour beaucoup une révélation : pourquoi exiger plus que le nécessaire, ces quelques planches ne suffisent-elles pas ? Qui n’a pas de papier en obtient immédiatement de son voisin, de sa voisine, heureux du partage de la main tendue – certaines et certains y perdirent, d’un seul coup d’un seul, leur pudeur, irrémédiablement tombée là, à la fosse.

Quant aux douches car, raffinement supérieur, il y en avait, un simple tube d’une bonne cinquantaine de mètres, percé de loin en loin d’un groupe de trous faisait amplement l’affaire et les eaux qui, au mépris de tout robinet, coulaient en permanence, se dirigeaient ensuite au ruisseau. Humbles et rares, quelques savonnettes circulaient, de main en main, s’en retournant par le même chemin vers leur propriétaire, qui parfois ne les reconnaissait pas, rétrécies mieux que peau de chagrin. Et là aussi, il y avait grande leçon à tirer : quelle décontraction, quel bonheur dans cette nudité collective tant réprouvée des parents, des religions, des autorités même, dans l’absence d’arrière-pensées ; et l’on voyait, s’écouler et s’enfuir une eau impure, chargée de tous ces noirs préjugés, enfin lavés et qui, de ce ruisseau, ne manqueraient pas de rejoindre la mer, pour s’y noyer à jamais !

Il y avait pour sûr beaucoup à faire, pour rendre meilleure la société inhumaine de nos pères, et tant à défaire aussi, on allait s’atteler à la tâche, lourde, longue et difficile soit-elle, tous unis, solidaires dans l’effort commun, on repousserait enfin les barrières, et il n’y aurait d’ailleurs même plus de barrières, dans quel but imposer des barrières ? ! Et il fera bon vivre en ce monde nouveau, créé par nous, créé pour nous, et non pour et par les dirigeants, pour le profit de cette minorité qui ne cesse de nous exploiter vilement, et de s’enrichir, grasse de notre dur labeur !

Cependant, au beau milieu de cette pelouse qu’un troupeau de moutons affamés n’aurait pas mieux réduite, il commençait à faire très, très chaud, sous ce soleil d’août sans la moindre brise. Certains, sans doute venus du nord et craignant le soleil de Provence, construisaient déjà de vastes abris de branchages, recouverts de l’inutile vêtement, de feuillage, et s’y logeaient avec délices, malmenant leur guitare, chantant et percutant les peaux comme des forcenés : on était là pour la musique ! Les têtes oscillaient en cadence ; de chaque coin d’ombre s’exprimait, dans des reprises connues ou des créations jamais entendues, tout le génie musical de cette époque et de ses glorieux lendemains, époque que nul encore ne savait bénie, où la plus marginale, la plus ésotérique des créations était la bienvenue, pourvu qu’elle soit originale, et qu’avant tout la musique soit bonne !

Accoutumés aux meilleurs des soleils espagnols, nous nous plaçâmes en plein champ, marquant simplement nos places de matelas, sacs et duvets disposés à terre, comme le faisait la plupart. Le nombre des spectateurs allait grandissant d’heure en heure, parfois dans une lente progression, parfois dans des vociférations et des galopades effrénées, lorsqu’un groupe avait réussi à pratiquer une nouvelle brèche dans cette pauvre clôture, devenue l’objet de toutes les haines, où s’engouffrait alors, au nez et à la barbe des CRS, un flot considérable de resquilleurs, parfois quelque peu blessés, mais toujours hilares et le poing levé, et qui venaient prestement grossir le nombre des spectateurs, définitivement fondus dans la masse toujours grandissante.

Curieusement, on ne parlait plus de l’interdiction du festival, et la sono géante diffusait, lancinant, immense dans ce théâtre de verdure : « In a Gadda da Vida » de l’Iron Butterfly, long morceau occupant la face entière d’un microsillon, et mettant particulièrement en valeur, à l’issue du remarquable solo « fuzzy » du guitariste, un des batteurs les plus talentueux de la scène Rock de ces années là : inoubliable ! De temps à autre, quelque annonce de recherche se faisait depuis ladite sono, comme c’est généralement le cas dans de telles assemblées, où il est aisé de s’égarer, voire de nécessiter soins et médicaments.

Mais déjà quelques accords de guitare, quelques coups de grosse caisse rudement assénés, faisaient dresser les têtes et accourir les flâneurs, pas de doute, les trois musiciens de « Triangle » étaient en place, on allait commencer, c’était imminent ! Rapidement annoncés, ils démarrèrent en force avec leur tube : « Peut-être demain », solide hard rock à la française ; un certain succès malgré la difficulté du rôle : ouvrir le festival. Ce sont les grosses pointures que ce public attendait ...

Et ce fut dès la seconde prestation, que nous prîmes véritablement conscience de l’immensité de la scène qui permettait, lorsqu’un groupe jouait, que l’on désinstallât le matériel de celui qui précédait, et mît en place celui du suivant, tout cela simultanément : belle organisation, qui de surcroît tournait parfaitement rond, au moins du point de vue du spectateur.

La sono nous apprit alors que le festival était un fiasco financier, et que le général en retraite, à qui appartenait ce beau terrain, nommé domaine St. Pons, organisateur de la manifestation, buvait hélas un triste bouillon – on pouvait s’inquiéter pour la poursuite même du festival. Et des bruits, des informations contradictoires, jamais vérifiés, se suivaient : les groupes ne pouvant être payés, on allait vider les lieux dès le lendemain, ou bien, tout au contraire, les choses rentraient dans l’ordre, et le festival se déroulerait dans son entier, comme prévu. Les resquilleurs ne se vantaient plus, certains les montrant même du doigt, convaincus de leur responsabilité quant aux cachets manquants pour les artistes.

La vérité était qu’on ne pouvait désormais mécontenter ce trop vaste public, craignant l’émeute et la destruction, peut être même dans des affrontements sanglants avec les CRS, dont on porterait la triste responsabilité : mai 68 était trop proche dans les mémoires, une étincelle suffirait à raviver la flamme, encore vivante sous l’éteignoir. Il suffisait d’offrir ce pourquoi cette centaine de milliers de jeunes était venue : de la musique - quittes à perdre beaucoup d’argent, on allait d’ailleurs aviser et tenter d’étancher l’hémorragie...

C’est ainsi que les groupes français, jouissant d’une notoriété moins vive qu’Anglais ou Américains, et notablement satisfaits de se produire devant un public aussi imposant, déclarèrent haut et fort abandonner leur cachet : ils furent vivement applaudis pour ce geste plein de noblesse.

Mais un certain Canadien, déjà fort connu, Leonard Cohen, ne souhaitait aucunement rabattre ses prétentions ; non seulement il maintenait son exorbitant cachet, mais il eut encore des exigences de diva : le comité dut à ses frais louer des chevaux, pour lui et sa troupe, et il parut sur scène montant un superbe étalon blanc, pour lequel il fallut établir une montée de bois spécifique, au grand dam des puristes, et sous des huées et des sifflets nourris. Certains prétendaient, non sans raison, que les fantaisies de cet artiste à la personnalité décevante, qui croyait être ici la seule vedette et que l’on imaginait plus sincère et généreux, auraient raison du festival, festival qui pourtant semblait se dérouler sans encombre, et sans défections notables... Ce fut « Rare Bird », groupe pop anglais, avec son tube du moment « Sympathy » qui suivit Triangle et les autres,  puis « The Flock », groupe américain dirigé par son talentueux violoniste, c’était parti pour trois jours de paix, d’amour et de musique.

Aux temps morts des matinées, sous le beau soleil qui ne nous abandonnait pas, de curieux attroupements se produisaient autour d’un groupe qui n’était pas à l’affiche, ignorant des guitares, tous coiffés et vêtus tels les bonzes - de blanc cependant ; l’un animait un orgue portatif, les autres diverses tablas et clochettes hindouistes, et tous chantaient à l’unisson, sur un ton lancinant plus que répétitif, les mêmes phrases, lancées à l’infini, dont voici un aperçu - qui ne sera pas traduit ici, tant il demeure explicite, même dans la langue parlée outre-manche :

« Hare Krishna Hare Krishna
Krishna Krishna Hare Hare
Hare Rama Hare Rame
Rama Rama Hare Hare

Love love
Love love
Drop out
Drop out
Be in
Be in

Take trips get high
Laugh joke and good bye
Beat drum and old tin pot
I'm high on you know what
Marijuana marijuana
Juana juana mari mari
High high high high
Way way up here
Ionosphere

Beads, flowers, freedom, happiness
Beads, flowers, freedom, happiness ... etc » 

Ce groupe qui, sans lassitude aucune, parcourait le camp dans son entier, eut un immense succès : il opérait par places quelque « sitting », le public faisait de lui-même silence et les entourait, attentif : la musique et les incantations cessaient, laissant place à la voix de l’orateur qui présentait cette philosophie de vie, le bouddhisme à tendance hindouiste. Ce n’était certes pas une religion, mais une manière de vivre tendant au bonheur universel, dans l’amour, le respect de l’autre, la tolérance universelle et la non violence, dans l’absence justement de ces nombreux interdits, ceux qui font la tristesse de notre société rétrograde, contaminée de vieux principes, et de ces religions castratrices, qui refusent le bonheur à l’homme, prétendant le différer, multiplié, à l’improbable lointain d’un au-delà, que même la science ignore !

Cela faisait mouche, de telles idées, parfaitement accolables à celles d’une large majorité de ce public, étaient bienvenues. Certains, vivement intéressés, questionnaient l’orateur qui parlait un langage compréhensible, des débats se créaient, et les commentaires, témoignant plutôt de simple curiosité dans les débuts, prenaient des tournures constructives, les discussions s’animaient.

Ce fut bien par ailleurs autour de ces années là, que les philosophies de vie d’origine asiatique, comme le Bouddhisme, commencèrent à trouver une plus large audience en occident, las des religions monothéistes auxquelles même un supposé croyant pouvait adresser tant et tant de reproches, et qui ne faisaient déjà plus guère l’unanimité.

Mais pour qui sait quelques mots de l’anglais, les paroles de ces disciples de Krishna ne se contentaient pas de prôner la paix et l’amour universel, elles proposaient même, tout comme l’incomparable Dieu Bacchus la consommation abusive du vin, que l’on s’adonnât, pour mieux percevoir les bienfaits de la paix dans l’amour, à la consommation du cannabis.

Il va sans dire que de tels encouragements n’étaient guère nécessaires, car la verte feuille fleurie circulait ici à tout va, agrémentant en effet les perceptions musicales et amoureuses, entre autres.

Il y eut cependant, à ce sujet là, quelque péripétie digne d’être contée ici : tout près de nous, un groupe d’Allemands - par ailleurs plutôt discrets – semblait vendre quantité de drogues supposées douces, mais aussi de plus rudes, et paraissait être à même de pouvoir satisfaire la demande importante, dans une recette probablement tout aussi importante. Ces lascars s’effacèrent dans la nuit, et furent oubliés ... jusqu’au lendemain matin, où quantité des clients de la veille, visiblement mécontents, vinrent m’agresser verbalement, ressemblant fâcheusement, barbe, carrure, cheveux longs et clairs à leur mauvais dealer étranger. Fort heureusement l’entourage, dans un élan de sympathie, me soutint, déclarant haut que l’Allemand et ses acolytes s’étaient enfuis, et que je n’étais guère dealer. Ces sans-scrupules vendaient au prix fort de l’acide, du LSD, diverses poudres entièrement bidonnés, le tout saupoudré du puissant somnifère qui leur laissait le temps d’accomplir le forfait, et la nécessaire fuite : ceux-là n’étaient pas venus pour la musique !

Les organisateurs en furent avertis, et annoncèrent à plusieurs reprises que le public prenne bien garde aux contrefaçons, et se contente aussi bien de rouler quelque inoffensive feuille, plutôt que de partir dans des trips incertains, sous des chimies incontrôlées ! Mais hélas, certains ne se contentaient pas de ces amuse-gueules végétaux et naturels, déjà passés qu’ils étaient au stade d’où l’on ne revient pas sans dommages : la cuillère, la bougie et la seringue à poire, dangereux accessoires !

Il n’y eut pourtant pas d’accident grave, qu’il soit « mauvais trip » ou maladie naturelle, pas plus que d’accouchement ni de décès sur le pré - au regret probable de trop nombreux journalistes...et le festival put se poursuivre, finalement et contre toute attente, dès la seconde journée, sous les meilleurs auspices.

La première nuit se passa tout à fait bien, la musique trouvant un peu de répit en fin de nuit (de quatre à six heures approximativement), pour reprendre avant le petit déjeuner, qui se limitait pour la plupart à quelque biscuit trouvé au fond du sac : pain et viennoiseries s’obtenaient au terme d’une queue considérable, et les ruptures de stock étaient monnaie courante. Pourtant nul ne se plaignait, et beaucoup oubliaient même franchement la faim, transcendés par la lyre d’Apollon, touchés au fond de leur âme par Aphrodite, épris de musique et d’amour, certains de voir s’écouler là les heures primordiales de leur vie, à vivre à pleines dents, n’en voulant perdre une miette.

En vérité, ces journées là marquèrent à jamais plus d’un esprit, quel qu’eût été sa constitution, ou les idées qu’il pouvait recéler à l’entrée du festival.

La musique reprenait, entrecoupée de persistantes « pauses Krishna », de discours divers plus au moins talentueux, diversement applaudis, de personnages liés autant à la politique, qu’à la musique où à la radio. Lesmoments forts, ceux qui retenaient le plus l’attention du public étaient cependant les interventions de « Mouna », personnage haut en couleurs, penseur et philosophe, impliqué dans toutes les manifestations, comme dans l’aide à ceux qui avaient déjà sombré dans les drogues dures. A l’issue de ces trois jours, cet homme remarquable vit sa notoriété, déjà grande, considérablement accrue par la suite. Décédé en 1999 à l’âge de quatre-vingt-huit ans, Mouna, comme le déclarait Cavanna, « était une manif à lui tout seul ».

Ne résistons pas plus longtemps à exhumer quelques unes de ses phrases les plus savoureuses :

« - Le jour où un vélo écrasera une auto, il y aura vraiment du nouveau.

- On vit peu mais on meurt longtemps.

 - Je préfère le vin d’ici à l’eau de là (emprunté bien sûr à Francis Blanche).

- Riez et vous serez sauvé.

- Les valeurs morales ne sont pas cotées en bourse.

- Mieux vaut être actif aujourd’hui que radioactif demain.

- Au pays de la barbarie, je joue de l’orgue de Barbarie !

- Nous sommes tous égaux, mais certains sont plus égaux que d’autres.»

Cependant, malgré la protection de leurs larges attributs capillaires, le soleil des après-midis chauffait dangereusement les crânes : des décisions de survie s’imposaient. Il fut ainsi résolu de rafraichir la foule d’une forte lance à incendie disposée à demeure, et dont les pompiers, fort heureusement, n’usaient guère. Ce fut une ruée instinctive, nul n’était besoin d’indiquer la marche à suivre, il suffisait de s’humecter amplement sous le jet pour retrouver, au moins momentanément, un certain bien-être, échappant ainsi au risque d’insolation.

Pourtant, la gerbe salvatrice eut un effet pervers : les larges flaques, le sol changé en boue, sous la mitraille du puissant jet, coloraient les épidermes d’une couleur peu seyante qui de surcroît, séchée au soleil, tournait au bizarre : on n’arrivait guère à sortir propres de cette gangue d’autant que certains, que de jeunes enfants au bac à sable auraient acclamé, lançaient à tout va des poignées de boue, atteignant même un cameraman de l’ORTF fort dépité ! D’autres enfin, glissaient pieds nus sur la surface incertaine de cette patinoire improvisée, chutant et disparaissant dans le marécage, enfoncés jusqu’au cou.

En outre, on souillait notablement le peu de vêtement porté, aussi fût-il rapidement abandonné, jeté dans l’herbe avec le mépris qu’il méritait. Alors, non seulement l’on se sentit tous égaux dans la nudité, tous sexes confondus, mais encore il n’était en ce peuple qu’une seule et unique couleur de peau : le racisme n’avait plus de sens, aboli définitivement qu’il était, mieux : même la vivace hiérarchie du bronzage laissait place à l’uniformité et, en outre, nul ne pouvait briller par la richesse du vêtement, on avait atteint l’égalité absolue, l’inaccessible rêve des générations passées, nous étions bien les inventeurs du monde nouveau !

Ce fut à partir de ces moments d’intense activité émotionnelle, qu’un notable pourcentage du public, clamant haut la vanité du vêtement, se refusa résolument et ostensiblement à en user – excepté cependant dans la fraîcheur nocturne, où il dut pourtant, sous les regrets, reprendre ses droits - jusqu’au prochain soutien de l’astre solaire.

Mais déjà sur la scène, Mungo Jerry, dans des rythmes fous, faisait danser cette mer de chevelures, partie dans une houle à donner le tournis, levée par sa voix tempétueuse, dans l’écume vive des bras levés blanchis des projecteurs, qui de temps à autre incendiaient la foule en délire. Ce fut un très beau succès populaire, incontestable moment fort du festival.

Le bluesman blanc Johnny Winter obtint de même un remarquable succès, dans cette musique universelle, comprise de tous, émaillée des longs et remarquables solos de ce talentueux guitariste américain au cheveu albinos.

Titanic, groupe sans grande originalité venu des pays nordiques, proposait quant à lui un rock traditionnel des plus chaleureux qui, s’il ne nécessitait pas vraiment l’écoute attentive, fit lever et danser le public durant la prestation entière.

L’inénarrable Pete Brown, avec son groupe « Piblokto !», son guitariste capable de longs solos inspirés et ses percussions, connu comme poète, et à qui de nombreux artistes Rock (Eric Clapton notamment) doivent leurs meilleurs succès, fut également très applaudi.

Les groupes français, cruellement juxtaposés à ces artistes, souffrirent des inévitables comparaisons : le Rock, qui n’est pas natif de notre pays, n’y trouvait pas encore ses meilleurs interprètes. La prestation de Catherine Ribeiro + Alpes, à l’heure où les têtes émergeaient à peine des duvets, portant tout le sommeil de la terre à la paupière, put cependant étendre et affermir ici sa jeune notoriété.

Ce fut Colosseum, talentueux groupe anglais de jazz-rock, aux solos de saxophone très attendus et applaudis de Dick Heckstall-Smith qui, la dernière nuit, clôtura pour ainsi dire le festival, les groupes français qui le suivirent et jouèrent jusqu’au jour faisant nettement moins l’unanimité. 

Le soleil, revenu tout aussi haut pour la dernière journée, semblait dire à tous que le moment des adieux était venu, dans ce silence devenu pesant : la musique avait cessé, on démontait même les tours, on n’entendait plus un cri ; seul parvenait le piétinement sourd des road managers sur la vaste scène que, progressivement, l’on déshabillait, dans un horrible striptease de squelette. On parlait peu, on parlait bas, on eût dit que cette foule, joyeuse et vociférante il y a peu, chuchotait soudain, au signal, à paroles pesées, rares, assommée de la triste nouvelle, par respect pour le mort dont le nom avait été colporté, en secret, de bouche à oreille et les regards, désorientés, semblaient guetter la venue du cercueil, recueillis déjà. 

On s’attardait encore, roulant son duvet, bourrant son sac la tête ailleurs, espérant un dernier accord de guitare. Puis, las et attristés, jetant le dernier regard à la scène qui nous avait tant donné, de partout, dans une marche lente et silencieuse, la tête basse, le dos courbé, l’on convergeait vers la sortie, la tête encore toute emplie du rêve, et les cheveux plus longs.

JCP 20 01 2010

Posté par Vigane à 12:05 - 0000 - FESTIVALS ROCK ANNEES 60 & 70 (PHOTOS) - Commentaires [15] - Rétroliens [0]
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